L'église Sainte Marie-Madeleine

Place de l'Eglise
06410 BIOT

Ouvert toute l'année

Présentation

L'église de Biot, classée Monument Historique en 1984, a été reconstruite au XVe siècle, en même temps que le village, sur les ruines d'une ancienne église romane du XIIe siècle, elle-même probablement bâtie sur un sanctuaire romain.

La construction ne fut achevée qu'en 1535, date de l'ouverture de la 2ème porte devenue entrée principale. Le nom de l'architecte, Tadeus Niger, est gravé sur un bloc au dessus de la porte latérale. La porte principale est surmontée d'une statue de Sainte Marie-Madeleine en terre cuite (1638).

En bas de l'escalier à gauche se trouve un magnifique retable « La Vierge au rosaire », du début du XVIème siècle, attribué à Louis BREA (1450-1523), chef de file de l'école dite des « Primitifs Niçois ».

Peint entre 1500 et 1510, ce retable représente une Vierge de Miséricorde ouvrant les pans de son manteau pour protéger l'humanité, principalement de la peste. La Vierge porte l'Enfant Jésus sur le bras gauche et tous deux tiennent un rosaire dans leur main. Sous le manteau protecteur, à la droite de la Vierge se tiennent les gens d'église, du Pape au plus humbles religieux, et à sa gauche se tiennent les laïcs, de l'Empereur aux simples gens.

Tout autour du cadre gothique en bois doré, des Saints sont représentés (St Jean-Baptiste, St Etienne, St Pierre, St Paul, St Julien, patron du village, Ste Madeleine, à laquelle l'église a été consacrée).

De belles sculptures en bois doré encadrent les autels de Sainte Madeleine et de Notre Dame des Sept Douleurs.

Un fragment d'inscription romaine est imbriqué dans le mur à gauche de l'autel. C'est grâce à une stèle romaine retrouvée en 1932, exposée au Musée de Biot, que l'on émet une hypothèse plausible de l'origine du nom de Biot. Il pourrait provenir du nom d'une divinité celte, le Dieu Bugio. De nombreux restes de cette époque sont visibles à Biot, comme le monument de la Chèvre d'Or.

Devant l'église et sur une grande partie de la place des Arcades, c'est la technique particulière de la calade qui a été mise en œuvre. Le mot « calade », qui désigne aussi une ruelle très en pente, est d'origine provençale et signifie caillou. Il sert à nommer cette mosaïque primitive formée de galets plats posés sur la tranche, un procédé qui serait originaire d'Italie.

Prélevés sur la plage toute proche, les galets étaient soigneusement choisis par ordre de taille et en fonction de l'effet de couleur recherché, du gris au rouge, en passant par toutes les nuances intermédiaires.

Sur le parvis de l'église, le pavage est fait de galets polychromes dessinant deux croix de Malte, la date de 1685 et une belle rosace avec une fleur de lys. La croix de Malte, figurant dans les armes de Biot, est liée à l'ordre hospitalier de Saint Jean de Jérusalem dont elle était l'emblème. Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, devenus en 1530 Chevaliers de Malte, sont co-seigneurs de Biot et partagent leurs droits avec l'évêque de Grasse jusqu'à la révolution De 1995 à 1998, l'église a fait l'objet d'un restauration complète de la toiture et de ses façades.

Des merveilles oubliées, redécouvertes grâce à la restauration :

La rénovation des enduits a conduit à la mise au jour de fresques murales jusqu'alors inconnues. "Ces fresques étant fragmentaires, nous ne les avions même pas décelées lors de la campagne de sonde préalable aux travaux", note Pierre-Antoine Gatier, Architecte en Chef des Monuments Historiques, en soulignant l'aspect spectaculaire et exceptionnel de cette découverte. "Personne ne s'attendait à trouver un témoignage aussi ancien dans l'Eglise Sainte Marie-Madeleine, ces fresques nous ramènent directement à son passé prestigieux".

Ces fresques sont concentrées sur les murs et les voûtes du bas-côté nord et laissent deviner des personnages, des éléments architecturaux, des animaux fabuleux et de grands soleils placés sous les voûtes. Sans pouvoir être précisément datées, certaines pourraient avoir été réalisées au XVIème siècle et être attribuées à l'école des Primitifs niçois.

Malheureusement ces fresques ont été retrouvées par séquences apparaissant çà et là. Après un travail délicat de dégagement des fragments suivi d'une consolidation des fresques, la gageure des restaurateurs fut donc de redonner une forme de lisibilité à ces morceaux épars sans pouvoir s'engager à les lier entre eux. "La restauration s'arrête quand l'invention commence", explique l'Architecte en Chef des Monuments Historiques.

C'est dans cet objectif de lisibilité que la couleur de l'enduit devant recouvrir les murs des bas-côtés nord et sud, à savoir un ocre beige clair, fut préférée à la teinte présente avant les travaux, un enduit orange soutenu. "Nous avons essayé d'imaginer comment donner à l'ensemble une homogénéité, comment intégrer des déocuvertes spectaculaires et pourtant fragmentaires au reste de l'église. Nous avons donc choisi de ne pas conserver la teinte très soutenue orange qui recouvrait les bas côtés pour d'une part ne pas entrer en contradiction avec la délicatesse des teintes des fresques, d'autre part laisser les fresques au premier plan".

Pour l'Architecte en Chef des Monuments Historiques, cette découverte archéologique est somptueuse malgré son aspect incomplet qui peut surprendre à première vue.

Pour les autres enduits de l'église, la démarche fut plus simple. Sur la nef peinte d'un délicat badigeon bleuté et l'abside du choeur, dont la voûte est peinte de caissons en trompe l'oeil vivement colorés, les interventions relèvent d'une démarche de conservation.En effet, les enduits étaient bien conservés et ont fait l'objet d'un "simple" travail de nettoyage, de consolidation et reprises ponctuelles.

Ensuite, entre la chapelle de l'Ange Gardien et la chapelle Saint Antoine, les restaurateurs ont retrouvé un très beau semis de fleurs de lys, là encore fragmentaire.

L'enduit a donc été posé en laissant apparaître les fleurs conservées.

Les éclairages ont été entièrement repensés dans un souci de mise ne valeur des différents éléments d'intérêt de l'édifice. ainsi, les lustres ont été conservés pour l'éclairage général, soutenus par des spots installés sur la corniche surplombant la nef et supportant les vitraux. D'autres éclairages soulignent élégamment les départs de nervures des voûtes de la nef tandis que chacune des 5 chapelles est spécifiquement mise en lumière. Toujours du point de vue des éclairages, l'accent a été spécialement mis sur le bas côté nord où sont regroupées les fresques mises au jour pendant les travaux