Odeur de pain d’épices, lumières scintillantes et atmosphère féerique… Noël approche et apporte dans son traîneau de merveilleux instants de partage. Ce qui fait le charme de cette fête si particulière, ce sont aussi les traditions qui se perpétuent à travers le monde et qui font rayonner les savoir-faire locaux.

Plongez dans la magie de cette période unique avec ces trois traditions de Noël à découvrir dans nos Plus Beaux Détours.

La tradition la plus surprenante :
le calendrier de l’Avent

S’il y a bien une tradition de Noël que petits et grands attendent avec impatience, c’est bien celle du calendrier de l’Avent.
Le temps de l’Avent existe depuis le VIe siècle. Du latin « adventus », il signifie « avènement » et a été initié par le Pape Grégoire Ier pour inviter les Chrétiens à se préparer à célébrer la nuit de la naissance du Christ. Bien évidemment, à cette époque, nulle question de calendrier et encore moins de chocolat !
Il faudra attendre le XIXe siècle pour qu’apparaissaient les premiers calendriers de l’Avent. C’est en Allemagne, dans les familles protestantes, que cette tradition a vu jour. À l’origine, il ne s’agit pas vraiment de calendrier. Durant le temps de l’Avent, les parents distribuent chaque matin à leurs enfants une image religieuse pour les guider pas à pas jusqu’au 24 décembre. C’était donc avant tout un outil pédagogique, tant d’instruction religieuse que d’apprentissage de la patience.
Dès le début du XXe siècle, un éditeur allemand a l’idée de commercialiser ces images, lesquelles seront petit à petit remplacées par des figurines. Mais c’est bien dans les années 1950, à l’aube de la société de consommation, qu’apparaissent les calendriers de l’Avent tels que nous les connaissons, garnis de chocolat pour le plus grand plaisir de tous les gourmands.

© Centre d'art contemporain de Meymac

Et pour les amateurs d’art qui restent sur leur faim avec les habituels calendriers sucrés, le Centre d’art contemporain de Meymac en Corrèze a lancé depuis 2005 un calendrier de l’Avent monumental.
Le principe ? Chaque année, un artiste de renommée internationale illumine la façade de l’abbaye Saint-André d’une œuvre originale. Les fenêtres de ce monument historique reprennent ainsi vie d’une façon insolite. Chaque jour du temps de l’Avent, habitants et visiteurs sont invités à découvrir une création nouvelle pour patienter en beauté jusqu’à Noël. Un projet intégralement financé par souscription publique et qui permet de raviver autrement l’esprit de cette fête. Du grand art !

La tradition la plus féerique :
les marchés de Noël

Qui dit fêtes de fin d’année dit bien évidemment Marché de Noël. Là encore, on doit à nos voisins allemands cette tradition empreinte de féerie. Certains historiens font remonter son origine au culte païen de la déesse germanique Berchta. Cette dernière, vue comme une mère protectrice des enfants, était célébrée au sein de ces Christkindelsmärik qui deviendront plus tard les marchés de Noël. 
Au XIVe siècle sont apparus les premiers « Marchés de Saint-Nicolas », du nom de cette figure chrétienne semi-légendaire et dont la fête le 6 décembre préfigure les célébrations de Noël. Saint-Nicolas serait en effet le saint protecteur des enfants. On avait donc pour habitude de leur donner des cadeaux pour célébrer cette figure paternelle.
Sous le règne de Frédéric II de Saxe, ce « Marché de Saint-Nicolas » devient « Marché de l’Enfant Christ ». Entre temps, la réforme protestante est passée par là et, avec elle, le rejet du culte des saints. Dès le XVIe siècle, le marché de Noël s’exporte à travers l’Europe, et notamment en Alsace avec le Marché de Noël de Strasbourg en 1570.

Aujourd’hui, les marchés de Noël font partie intégrante du patrimoine alsacien et lorrain.

© Thomas Muller - Office de Tourisme d'Obernai

Les gourmets ne manqueront pas de s’arrêter au Marché de Noël de la Gastronomie et de l’Artisanat d’Obernai. Cette commune alsacienne fait rayonner les produits du terroir dans une ambiance festive et chaleureuse : bières alsaciennes, foie gras, pain d’épices… Obernai sait sublimer le savoir-faire de ses producteurs locaux et faire saliver les papilles des visiteurs.

Profitez-en pour goûter au fameux bredele, une spécialité locale dont la recette se transmet souvent au sein d’une même famille, de génération en génération.

Pour un voyage hors du temps, direction le Marché de Noël de Plombières-les-Bains. Cette station thermale des Vosges et ses 80 artisans gardent vivace le souvenir des traditions lorraines. Les visiteurs sont transportés dans un authentique conte de Noël grâce à un concert d’orgues mécaniques, jalonnant leur parcours, et qui revisitent les plus belles musiques traditionnelles. Retraite aux flambeaux, spectacles de marionnettes et crèche vivante complètent ce tableau d’antan pour des fêtes de fin d’année au rythme de l’histoire locale.

À Provins, ancienne capitale des comtes de Champagne classée à l’UNESCO, c’est un détour par l’univers médiéval qui vous attend au Marché de Noël. Cracheurs de feu, échassiers, mais aussi forgeron ou calligraphes animent chaque année cette épopée enchantée. À noter également, une représentation vivante de la nativité sous l’inspiration de la crèche vivante de Saint-François. À la nuit tombée, les allées s’illuminent de mille feux à la bougie et font briller les yeux des promeneurs de tout âge.

Évidemment, l’Alsace continue de faire rêver les aficionados de marchés de Noël. Pour une pause à taille humaine, on ne manquera pas celui de Thann au pied de la Collégiale Saint-Thiébaut, niché dans une forêt de sapins décorés.

Et pour un Noël aux couleurs des légendes d’Alsace, faites un tour par le Marché de Wissembourg qui fait notamment revivre Hans Trapp, l’ancêtre terrifiant du Père Noël !

La tradition la plus intemporelle :
les crèches et santons

Vous êtes-vous déjà demandé d’où viennent les crèches et les santons qui donnent vie à cette représentation de la nativité ? Ce rituel chrétien puise bien sûr sa source dans les Évangiles. Saint-Luc relate que Jésus, après avoir été emmailloté par Marie, aurait été couché dans une mangeoire. Or, le mot latin « cripia » qui a donné naissance au mot « crèche », désigne bien cette mangeoire d’animaux. Dès le Ve siècle après J.-C., on célèbre la nuit de Noël dans l’église Sainte-Marie de Rome en y présentant des statuts de Marie, Joseph, du bœuf et de l’âne.

Mais c’est à Saint-François d’Assise que l’on doit d’avoir mis en scène au XIIIe siècle, à Greccio au nord-est de Rome, la première crèche vivante. Les villageois se prêtent au jeu, tout comme les animaux de la ferme pour donner corps à la naissance du petit Jésus. Petit à petit, la tradition prend vie. Les personnages en terre cuite, en porcelaine ou en plâtre remplacent les personnes vivantes, notamment sous l’impulsion des franciscains.

Les jésuites introduisent ensuite les crèches telles que nous les connaissons aujourd’hui dans les églises au XVIe siècle. Paradoxalement, en France, c’est la Révolution qui va contribuer à répandre les crèches dans les foyers – les crèches publiques étant désormais interdites. Cette prohibition va grandement inspirer les artisans provençaux qui, aux personnages habituels de la Sainte Famille, ajoutent les « santouns », littéralement des « petits saints ».

Les santons valorisent ainsi les métiers de la région et on commence à représenter les lavandières, les meuniers ou encore les rémouleurs, ces artisans qui aiguisent les coûteux à l’aide d’une meule. Pour l’anecdote, c’est également aux Provençaux que l’on doit l’expression « ravi de la crèche », le « ravi » désignant le simplet. Les santons vont devenir un véritable savoir-faire local, à tel point qu’une foire leur est consacrée à Marseille depuis 1803.

Non loin de Marseille, de petites communes continuent de perpétuer la tradition des santons. Fleuron de l’artisanat local, depuis 34 ans la Foire aux Santons d’Ollioules donne vie au Vieux Moulin de la commune qui se pare des mille couleurs de santons, célébrant ainsi le patrimoine provençal.

La tradition des santons touche aussi du doigt le ciel, à Sisteron, cet écrin provençal perché à 485 mètres d’altitude. Chaque année, la cité accueille une exposition de santons et crèches et étonne le visiteurs grâce à une particularité : un village de santons automates qui représente des scènes animées des métiers d’antan.

Une passion partagée par la station thermale de Gréoux-les-Bains, aux portes des Gorges du Verdon. Plus de 10 000 visiteurs se pressent chaque année à la Foire aux Santons de la ville pour admirer le talent des artisans locaux. Bruts ou peints, en matériau noble ou en argile, les santons se parent de leurs plus beaux atours aux côtés de la grande crèche des santons Truffier Douzon, l’une des plus anciennes familles de santonniers.

Enfin, les amateurs de traditions de Noël apprécieront faire un détour par Crest, au cœur de la Drôme. Cette cité médiévale propose chaque année un marché aux santons pour garnir nos crèches de merveilles faites main.

Article rédigé en partenariat avec J’aime mon patrimoine